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Il y a des villes qui vous accueillent, et d'autres qui vous happent. Le Caire fait partie de la seconde catégorie. Dès la sortie de l'aéroport, la métropole vous enveloppe de son bruit, de sa lumière blanche et de cette énergie particulière que l'on ne trouve nulle part ailleurs celle d'une ville de vingt millions d'âmes qui vit à toute allure sur un sol vieux de cinq millénaires. Trois jours ne suffisent pas à faire le tour du Caire, mais ils suffisent largement à tomber amoureux de lui.

Jour 1 : Face aux pyramides

Aucun voyageur ne devrait attendre le deuxième jour pour aller à Gizeh. Le plateau des pyramides mérite d'être votre première destination, et plus encore, il mérite d'être votre première destination en matinée, quand la lumière est encore douce et que les cars de touristes n'ont pas encore envahi les lieux. En arrivant tôt, vers 8h à l'ouverture, vous aurez la chance rare de vous retrouver presque seul face aux trois grandes pyramides , Khéops, Khéphren et Mykérinos, dans un silence relatif qui rend l'expérience presque irréelle. La Grande Pyramide de Khéops est l'une de ces choses que l'on croit connaître avant de la voir. On l'a vue en photo des centaines de fois, dans des documentaires, sur des couvertures de magazines. Et pourtant, rien ne prépare à la dimension réelle de la chose. Chaque bloc de calcaire pèse entre deux et quinze tonnes. La base mesure plus de deux cents mètres de côté. Elle a été construite vers 2560 avant notre ère et elle est encore là, intacte ou presque, dominant un plateau de sable et de pierre sous un ciel d'un bleu absolu. On reste longtemps sans parler. Le Sphinx se trouve à quelques centaines de mètres, gardien silencieux et énigmatique depuis plus de quatre mille ans. Sa face usée par le temps et le vent a quelque chose de profondément humain qui contraste avec la géométrie froide des pyramides. C'est peut-être ce qui le rend si touchant. Prenez le temps de le contempler sous différents angles, car selon l'heure et la lumière, il change complètement d'expression. Pour ceux qui souhaitent pousser l'exploration plus loin, une courte route vers le sud mène au site de Saqqarah, où se dresse la pyramide à degrés de Djéser, la plus ancienne d'Égypte, construite deux siècles avant Khéops. Le site est moins fréquenté, plus sauvage, et donne une idée fascinante de ce que pouvait être le pays avant même l'apogée de la civilisation pharaonique.

Jour 2 : Les trésors du musée et la ville des minarets

Le Musée égyptien de la place Tahrir est l'un de ces endroits où le temps s'arrête malgré soi. Ses façades couleur saumon datent de 1902 et l'intérieur a gardé quelque chose de son atmosphère d'époque un léger désordre savant, des vitrines chargées, des étiquettes manuscrites sur certaines pièces, comme si le musée lui-même refusait de vieillir. À l'intérieur, plus de 120 000 pièces couvrant cinq millénaires d'histoire attendent le visiteur dans 120 salles. Il faudrait des semaines pour tout voir sérieusement. En trois heures, on peut en saisir l'essentiel, à condition de savoir où regarder. La salle de Toutânkhamon est le clou de la visite. Le jeune pharaon est mort à dix-neuf ans, son règne fut bref et son importance historique longtemps sous-estimée mais la découverte de son tombeau intact en 1922 par Howard Carter a révélé au monde une collection d'une richesse stupéfiante. Le masque funéraire en or massif incrusté de lapis-lazuli est là, dans sa vitrine, à quelques dizaines de centimètres. On peut tourner autour, l'observer sous tous les angles. C'est l'un des objets les plus reconnaissables de l'histoire humaine, et le voir en vrai produit un effet difficile à décrire quelque chose entre l'émerveillement et le vertige. La salle des momies royales, quant à elle, abrite les dépouilles de Ramsès II, Thoutmosis III et d'autres pharaons dont les noms résonnent comme des légendes. L'atmosphère y est étrange et recueillie. L'après-midi s'ouvre sur une autre facette du Caire non plus pharaonique, mais islamique, médiévale et foisonnante. La citadelle de Saladin domine la ville depuis le XIIe siècle, posée sur un éperon rocheux d'où la vue s'étend sur l'ensemble de la capitale. C'est là que trône la mosquée Muhammad Ali, construite au XIXe siècle dans un style ottoman qui rappelle Istanbul deux minarets élancés, des dômes qui s'emboîtent les uns dans les autres, un intérieur tapissé de marbre et inondé de lumière. En sortant sur la terrasse, par temps clair, on aperçoit au loin la silhouette des pyramides de Gizeh se découpant sur l'horizon. Le Caire est l'une des rares villes au monde où l'on peut voir depuis un monument du XIXe siècle des constructions du XXVIe siècle avant notre ère.

Jour 3 : Khan el-Khalili et le Nil au crépuscule

Le troisième jour appartient à Khan el-Khalili. Ce grand bazar fondé au XIVe siècle est l'un des marchés les plus anciens et les plus vivants du monde arabe, un labyrinthe de ruelles couvertes où se mêlent les effluves d'épices, de cuir tanné, d'encens et de café fort. Contrairement à certains marchés touristiques qui ont perdu leur âme, Khan el-Khalili reste un endroit où les habitants du Caire viennent acheter, se retrouver, passer le temps. Les boutiques d'artisanat côtoient les échoppes de tissu et les ateliers de réparation. Des gamins traversent la foule en portant des plateaux de thé. Un joaillier travaille l'or à la main derrière une petite vitrine. On peut y passer des heures sans programme particulier, ce qui est d'ailleurs la meilleure façon d'en profiter. Se perdre dans les ruelles secondaires plutôt que de rester sur l'axe principal, entrer dans les petits ateliers de cuivre et de céramique, s'asseoir au café El Fishawy une institution vieille de plus de deux cents ans, aux miroirs patinés et aux chaises en bois usées pour siroter un thé à la menthe ou un café turc en regardant défiler le monde. À deux pas de là, la mosquée Al-Azhar, fondée en 970, est l'une des plus vieilles universités du monde encore en activité. Son architecture est d'une sobriété apaisante, loin de l'opulence ottomane de la citadelle. Pour clore le séjour comme il se doit, une croisière en felouque sur le Nil au coucher du soleil s'impose. Ces petits voiliers à fond plat glissent silencieusement sur le fleuve pendant que la ville s'illumine sur les deux rives. Le bruit du Caire semble soudain lointain. La tour du Caire se reflète dans l'eau sombre. Et l'on comprend pourquoi, depuis des millénaires, toutes les civilisations qui se sont succédé ici ont bâti leur vie autour de ce fleuve parce que sans lui, rien de tout cela n'aurait existé.

Informations pratiques

Des vols directs relient Casablanca au Caire en environ 4 heures, avec des connexions disponibles depuis d'autres villes marocaines. La meilleure période pour visiter reste l'automne et le printemps, quand les températures sont douces et les journées lumineuses. En été, la chaleur peut être intense mais les visites restent tout à fait faisables en commençant tôt le matin. Pour se déplacer sur place, le métro du Caire couvre les grandes artères du centre-ville, tandis que les applications Uber et Careem facilitent les trajets vers les sites plus éloignés comme Gizeh. Une tenue légère mais couvrant épaules et genoux est recommandée, en particulier pour les visites de mosquées. Envie de découvrir l'Égypte ? Consultez nos offres de voyages vers Le Caire et partez l'esprit tranquille avec Transatour Maroc.

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